Roger Gaston Béatrix


Le 15 juillet 1890 à Semblançay, est célébré le mariage de Paul Eugène BÉATRIX et de Désirée GUIGNARD. L'époux, gagiste est né à Notre-Dame-d'Oé et sa femme est native de Neuillé-Pont-Pierre.

 

Ils vont avoir quatre fils, tous nés à Semblançay :

 

  • Eugène Antoine né le 20 avril 1891 : il est mobilisé du 2 août 1914 au 15 juillet 1915 ; il perd l'œil droit par « éclatement d'obus avec destruction de l'arcade sourcilière » ; il finit sergent avec une pension de 738 francs et une croix de guerre avec palme après sa réforme définitive le 16 juillet 1915. Il épouse Maximilienne Ernestine CUVIER le 17 juin 1916 à Semblançay. Il décède le 8 octobre 1972 à Neuillé-Pont-Pierre.
  • Achille Norbal Marius né le 13 juin 1892 : engagé volontaire en octobre 1911, il part dans les chasseurs d'Afrique durant la guerre et il reste militaire au Maroc jusqu'en 1924. Il finit adjudant-chef maître-ouvrier d'état. Le 20 novembre 1922, il épouse en premières noces, Berthe Marguerite PORTELANCE à Chabris (36) ; le 23 juillet 1938 à Versailles, il épouse en secondes noces, Marie Marguerite Augustine SAVOURÉ. Il décède le 19 août 1948 à Tours.
  • Roger Gaston né le 19 janvier 1896 : objet de la fiche dont on reparle après.
  • Désiré Louis né le 26 janvier 1899 : bien que faisant partie de la classe 1919 il participe à la campagne contre l'Allemagne d'avril 1918 à octobre 1919 ; il est rappelé en 1921 pour occupation des pays rhénans. Le 16 octobre 1923 à Souvigné, il épouse Céline Ernestine ROYER. Il décède le 19 juin 1963 à Semblançay.

 

En 1901, le couple demeure toujours à Semblançay ; ils sont ouvriers agricoles chez GATIEN et ils emploient un domestique suisse du nom de Louis DUPUY.

En 1906, ils ont déménagé pour habiter à Saint-Christophe, rue Saint-Pierre ; ils sont toujours ouvriers agricoles employés chez divers patrons et en 1911 ils résident rue Thibal et le chef de famille est vigneron chez FOURNIER.

 

 

Roger Gaston BÉATRIX demeure à Sonzay où il est cultivateur quand il passe conseil de révision à Neuvy-le-Roi, chef-lieu du canton.

 

 

Il a les cheveux blonds foncés, les yeux bleus, le front vertical, le nez rectiligne et le visage rond ; il mesure 1,61 m et possède un degré d'instruction évalué à 3.

Il est incorporé dès le 10 avril 1915 au 125e Régiment d'Infanterie basé à Poitiers, mais il ne part au front que le 4 décembre 1915 en rejoignant le 114e RI qui est alors cantonné au nord-ouest d'Arras. À la mi-février 1916, le régiment se trouve en première ligne vers la ferme de Berthonval entre Mont-Saint-Eloy et Neuville-Saint-Vast (62). Le 114e RI quitte ensuite la région et va cantonner dans la Somme au Crotoy et à Saint-Valéry-sur-Somme.

 

Le 23 mars 1916, Roger Gaston est transféré au 39e RI.

 

 

Extrait de « L'Historique du 39e régiment d'infanterie. France. 1914-1918 »

  • « 10 juin : Le régiment arrive en camions près de Verdun pour prendre part à la grande bataille qui dure depuis le 21 février.
  • 12 juin : Le 39e RI est engagé dans la bataille de Verdun. Il tient les positions qui lui sont assignées dans la région de l'ouvrage de Thiaumont, entre le fort de Douaumont et Fleury. Les tranchées n'existent plus. Les unités sont blotties au fond des trous d'obus et soumises à des bombardements incessants. Pas de communications ni de ravitaillement possibles pendant le jour.
  • 19 juin : Le 39e RI est toujours dans les mêmes positions que celles qu'il a occupées le 12. Le pilonnage de l'artillerie par obus de gros calibre (210 et 380) est très intense. Commencé au petit jour, il ne se ralentit qu'à la tombée de la nuit. On manque d'eau, la chaleur est torride. Les pertes sont sévères.
  • 20 juin : Le pilonnage par l'artillerie ennemie continue comme la veille.
  • 21 juin : Le 39e RI, toujours dans la même situation, continue à subir stoïquement le bombardement, indice d'une attaque prochaine.
  • 22 juin : Le bombardement est encore plus intense que jamais. Vers 20 h 10 commence une émission de gaz asphyxiants excessivement dense. Le 2e bataillon qui est en première ligne depuis le 18, est coupé de toute communication, de tout ravitaillement. L'ordre de relève a été donné, mais seule une compagnie, la 6e, peut être relevée complètement par la 3e compagnie et se porter vers l'arrière, à la position qui lui est assignée ; aucune liaison téléphonique ou optique n'existe plus. Exception faite de la première ligne, tout le monde doit conserver le masque durant toute la nuit. Une partie notable de l'effectif souffre vivement de l'action des gaz.
  • 23 juin : Le régiment est toujours en ligne. Au petit jour, l'émission de gaz commencée la veille au soir est remplacée par un bombardement d'une extrême intensité qui dure jusqu'à 8 heures. La fumée des explosions et la poussière qu'elles soulèvent aveuglent les défenseurs. On n'y voit pas à trente ou quarante mètres. Brusquement, les occupants encore valides des trous d'obus, ceux de Fleury et du voisinage, sont soumis à une violente attaque.

 

La crête de Fleury est occupée et tenue par des éléments du 39e disponibles qui se battent magnifiquement. L'ennemi, surpris et fatigué par les résistances qu'il a rencontrées, s'arrête et ne peut pousser plus avant. »

 

Roger Gaston BÉATRIX, 20 ans et 5 mois fait partie des 1 260 disparus lors de ces combats.

 

 Son nom figure sur le monument aux morts, sur le tableau situé en mairie et sur le livre d'or de la commune de Saint-Christophe-sur-le-Nais. En revanche, il n'est pas mentionné sur la plaque apposée dans l'église du village.

 

 

Sources : AD 37 en ligne, chtimiste, Mémoire des Hommes, site argonnaute.u-paris10.fr