Maurice René Marie Louis Chevreau


Le 9 mai 1882 est célébré à Marray le mariage entre Louis CHEVREAU et Marie Céline Émilia CHAUVIN. Il a 30 ans, né à Saint-Christophe et il est meunier propriétaire ; ses parents sont décédés tous les deux. Elle a 28 ans, née à Marray, fille d'un marchand de bois décédé ; sa mère est seule présente au mariage. Il est précisé qu'un contrat de mariage a été enregistré par un notaire de Tours. Parmi les témoins : un tanneur à Saint-Paterne, un notaire à Tours (celui qui a rédigé le contrat) et deux propriétaires.

On peut noter que nous avons croisé le personnage de Céline CHEVREAU née CHAUVIN lors d'une randonnée crépusculaire (spectacle donné en 2015 par Histoire & Patrimoine) à Saint-Christophe.

 

Il vont avoir 3 enfants.

  • Maurice né le 3 mars 1888 à Saint-Christophe, objet de cette fiche.

  • Elmire née le 2 avril 1890 à Saint-Christophe et décédée le 10 février 1963, également à Saint-Christophe.

  • Louise Marie née aussi à Saint-Christophe le 10 juin 1893 ; elle va se marier le 26 novembre 1919 avec René ALLAIRE né à Villedieu dans le département de Maine-et-Loire.

     

Au moment de son conseil de révision passé avec la classe 1908 à Neuvy-le-Roi, chef-lieu du canton, Maurice réside à Saint-Christophe où il est tanneur.

Il a les cheveux et les sourcils blonds, les yeux gris, le front découvert, le nez moyen, la bouche moyenne, le menton rond, le tout dans un visage rond. Il mesure 1,69 m et son degré d'instruction générale est de 4 (il a obtenu le brevet d'instruction primaire). Enfin, il a des « rousseurs » comme signes particuliers.

 

 

Il est déclaré « propre au service armé » et il est affecté au 33e Régiment d'Artillerie de Poitiers qu'il rejoint le 8 octobre 1909 en tant que 2e canonnier servant.

Il devient artificier maître pointeur le 26 septembre 1910 et passe au 49e RA le premier janvier 1911 suite à la réorganisation de l'artillerie par l'instruction ministérielle du 20 juin 1910.

Il est envoyé en disponibilité le 24 septembre 1911 en attendant son passage dans la réserve de l'armée active qui aura lieu le premier octobre suivant.

Le certificat de bonne conduite lui est accordé.

 

Il effectue une période au sein de son régiment du 27 février au 21 mars 1913.

 

Il est rappelé sous les drapeaux à l'occasion du décret de mobilisation générale et rejoint le 49e Régiment d'Artillerie le 3 août 1914.

  • Dans les premiers jours d'août, le régiment rejoint la zone de Pont-à-Mousson (54).

  • Le 49e RA participe à la bataille de la Marne en septembre et octobre 1914 puis part en Belgique dans le secteur d’Ypres et Saint-Julien.

  • Il y reste jusqu'en juin 1915. Il y a alors une réorganisation au niveau de la 152e division.

  • Le régiment de Maurice participe à la bataille d'Artois en juin et juillet 1915 sur Neuville-Saint-Vaast, la ferme de Berthonval, la crête de la Folie puis en août et septembre il est envoyé dans la Somme à Vrely et Proyard.

  • En 1916, de février à juin c'est encore l'Artois : Aix-Noulette, Carency puis le secteur de Verdun (avril-juin) sur la rive gauche de la Meuse à Avocourt.

  • En quarante jours, le régiment a eu une centaine de tués et 32 canons sont détruits. Le régiment a tiré plus de 106.000 obus.

  • En juin 2016, c'est le retour dans la Somme.

Le régiment qui depuis le début d'avril n'a eu aucun repos est relevé dans la nuit du 4 au 5 août. Il va s'embarquer à Dormans et Château-Thierry. Dirigé en Lorraine, il débarque à Charmes le 11 août. Les artilleurs du 49e jouissent alors d'un repos à peu près complet, d'abord à Borville et Rozelieures, puis dans la région de Lunéville à Hériménil et Rehainviller.

 

Le 11 septembre, le lieutenant-colonel Labruyere est remplacé par le colonel Cambuzat à la tête du régiment.

 

 

Les deux groupes du 49e embarqués à Lunéville les 23 et 24 septembre débarquent deux jours plus tard dans la région de Soissons à Mercin-Pommiers et à Amblemy-Fontenoy. Le premier groupe occupe la position de contre-pente dans le ravin situé entre Margival et Neuville-sur-Margival.

Pendant cette période d'installation, l'artillerie ennemie est assez active.

 

Extrait du JMO du régiment pour la journée du 19 octobre 1917 :

Reconnaissance par nos fantassins jusqu'aux tranchées allemandes. Bombardement de nuit par l'ennemi avec des obus toxiques du ravin entre Neuville et Sorny. De 5 h à 6 h, le village de Neuville reçoit plus de 50 coups de 105 150.

Message chiffré : aujourd'hui est J-3, le bombardement sur les batteries, les tranchées, les organisations défensives ennemies continue. Le groupe tire fusant (?) pendant ces destructions.

 

À 14 h, quelques 105 sur Neuville, le premier de ces obus tue l'auxiliaire radio CHEVREAU et blesse le téléphoniste BONDU de l'État-Major. Tirs d'interdiction de nuit (40 coups à l'heure par batterie) dans la zone de barrage.

 

 

Extrait du JMO du régiment pour la journée du 20 octobre 1917 :

 

Enterrement du canonnier CHEVREAU au cimetière de Montgarni...

 

 

 

Le 19 novembre 1917 ; il est cité à l'ordre de la division :

« Sur le front depuis le début de la campagne, d'un courage et d'un dévouement absolu. Aimé de tous. Mortellement blessé en se rendant à son travail le 19 octobre 1917 » Il obtient la croix de guerre avec étoile en argent. Cette citation est publiée au Journal Officiel du 7 décembre 1920.

 

Il était canonnier maître pointeur et il assurait également un rôle de télégraphiste radio. Il était célibataire et n'avait pas encore 30 ans.

 

Son acte de décès est transcrit dans les registres de Saint-Christophe le 15 décembre 1917.

 

 

Son nom figure, à Saint-Christophe, sur le monument aux morts, le tableau en mairie, la plaque de l'église et le livre d'or de la commune.

 



Sources :

AD37 en ligne.

Mémoire des Hommes.

 

Historique du 49e Régiment d'Artillerie (Gallica).

Delcampe pour les CP