Albert Léon dit Georges Courtois


Joseph COURTOIS et Henriette Augustine Louise ROGER se marient le 9 juin 1873 à Dissay-sous-Courcillon (Sarthe). Lui est né en 1847 à Chenu (72) et elle en 1852 à Château-du-Loir (72).

 

On leur connaît 4 enfants, tous nés à Château-du-Loir :

  • Joseph Alphonse qui naît le 10 avril 1874 et décède le 19 octobre 1875 âgé de 18 mois.

  • Léontine Henriette Joséphine qui voit le jour le 23 novembre1876 rue des Rochette. Elle épouse François PÉAN le 6 août 1895 à Château-du-Loir.

  • Léon Henri qui naît le 12 juin 1880 rue des Rochettes. Il effectue son service militaire au 24e RI et devient ensuite gardien de la paix à Paris, ce qui lui évite de partir au front en 1914. Il épouse Louise DEGRAPPE le 14 novembre 1905 à Paris 3e.

  • Léon Albert, objet de cette fiche. 

Léon Albert voit le jour le 7 février 1884 à Château-du-Loir. Son père, Joseph, 36 ans est ouvrier tanneur et toute la famille demeure rue des Rochettes. Sa mère a alors 31 ans.

 

Sa fiche matricule n° 1550 au recrutement du Mans nous apprend qu'il réside à Bueil au moment de son conseil de révision en 1904 ; il est alors cultivateur.

Il a les cheveux et les sourcils châtains, les yeux bruns, le front ordinaire, le nez et la bouche moyens. Le menton est rond et le visage ovale. Il mesure 1,63 m et est noté comme ayant un degré d'instruction égal à 3. 

 

Étant « Bon pour le service », il est appelé au 117e Régiment d'Infanterie stationné à la caserne Chanzy du Mans le 10 octobre 1905. Il est renvoyé dans la disponibilité le 28 septembre 1907 avec un « Certificat de bonne conduite » en poche.

 

Le 26 juin 1909, il épouse à Saint-Christophe, une fille du pays, Nathalie Désirée PIOCHON. Elle est née le 8 juin 1886, fille de Louis, cultivateur et de Joséphine SAUVÉ. C'est la sœur de Louis Henri PIOCHON, soldat mort pour la France le 13 septembre 1918.

 

En juillet 1909, il est domicilié à Saint-Christophe au lieu-dit « La Belle Étoile » et à la fin de novembre de la même année, on retrouve le couple à Cléré-les-Pins au lieu-dit « La Calanderie ». Au recensement de 1911, ils sont cultivateurs, n'ont pas d'enfants et ont un employé, Rémy PÉAN.

 

 

Georges accomplit une première période d'exercices dans le 4e escadron du train du 9 novembre au premier décembre1910, puis une seconde dans le même escadron du 16 août au premier septembre 1913.

 

Le décret de mobilisation générale du premier août 1914 le rappelle à l'activité et il arrive au corps dès le 4. Il a alors 30 ans passés et il est affecté au 317e RI, régiment de réserve qui vient d'être créé sous les ordres du lieutenant-colonel PRÉVOST. Ce régiment, constitué de deux bataillons, fait partie du 4e corps d'armée. Il est impliqué en 1914 en Belgique à Virton puis dans la course à la mer.

 

En 1915, le 317e RI rejoint la 11e Division d'Infanterie et participe à la bataille de Champagne (bois Raquette, Tahure).

 

 

L'année 1916 va propulser le régiment dans des combats très éprouvants dans la région de « Maison de Champagne » entre Tahure et Massige où les Allemands emploient des armes nouvelles et barbares. Après un moment de surprise les troupes françaises se reprennent et opposent à l’ennemi une barrière infranchissable.

 

C'est dans ce contexte que Georges Courtois est cité à l'ordre du corps d'armée le 4 mars 1916 :

 

 

« Donne l'exemple d'un remarquable dévouement depuis le début de la campagne. A provoqué l'admiration de tous en allant à plat-ventre les 11-12 et 13 janvier 1916, panser et porter à boire de jour et évacuer de nuit les blessés réfugiés dans l'abri d'une fraction de tranchée interdite par le tir d'enfilade d'une mitrailleuse ennemie. Après la mort d'un de ceux qui l'y aidaient, a refusé d'être remplacé malgré la fatigue due au transport aussi difficile que dangereux. Croix de guerre »

 

Dans ce secteur très dur, le 317e subit encore, le 6 mars, une nouvelle attaque que supporte vaillamment le 4e bataillon. Seule une compagnie privée de ses chefs a dû céder un peu de terrain ; le chef de bataillon demande à ce que son unité ne soit pas relevée et à ce qu’il lui soit permis de reprendre elle même le terrain perdu. En effet, un groupe de volontaires s’élance et reprend les tranchées, faisant 69 prisonniers, dont 3 officiers.

Si le 317e sait tenir, il sait aussi attaquer.

Le 3 mai, il exécute un brillant coup de main. Les Allemands reviennent rageusement à la charge dans leurs attaques des 2 et 22 juin ; mais ils ne profitent plus de l’effet de surprise et se heurtent maintenant à un secteur que le 317e a fini d’organiser. Ils sont arrêtés net, cloués à leurs fils de fer et, découragés, ils ne font plus aucune nouvelle tentative.

Après six mois de travaux et de combats dans ce secteur, le régiment part avec la 8e division pour

 

Verdun où il arrive le 9 juillet et prend position sur la « Cote de Froideterre » face à Fleury, devant Douaumont.

 

 

Sur sa fiche « Mémoire des Hommes » il est indiqué comme porté disparu le 31 juillet 1916 à Fleury-devant-Douaumont et déclaré décédé le même jour par jugement déclaratif de décès prononcé par le tribunal civil de Tours en date du 22 janvier1920 – MORT POUR LA FRANCE.

 

Il était brancardier de 2e classe et avait 32 ans et demi.

 

 

Son nom figure sur la plaque de l'église et sur le monument aux morts de Saint-Christophe-sur-le-Nais.

Sources :

AD 37 en ligne, Mémoire des Hommes.

 

Carte extraite du tome 14 de « Histoire illustrée de la Guerre de 1914 » de Gabriel Hanotaux