Georges Marius Espeilhac


Joseph ESPEILHAC, né à Rignac (Aveyron) le 25 juin 1864 est employé et demeure à Toulouse rue Rauchin. Berthe Jeanne Marie BOUNIOL est née le 6 février 1871 à Toulouse et demeure également rue Rauchin à Toulouse. Leur mariage est enregistré à Toulouse (Haute-Garonne) le 1er mai 1890.

Quinze ans plus tard, ils divorcent le 29 juin 1905 et l'on apprend alors que Georges Marius né de cette union avait une sœur que nous n'avons pas retrouvée. À l'issue du jugement, la fille reste avec sa mère et Georges reste avec son père.

 

 

Georges Marius ESPEILHAC naît rue Lespinasse dans le quartier Saint-Étienne à Toulouse le 21 janvier 1891.

 

En 1910, il est reconnu admissible à l'emploi de surnuméraire des postes.

C'est vraisemblablement à cette époque qu'il devient l'un des fondateurs et secrétaire du Véloce Club de Toulouse.

 

Il passe son conseil de révision à Toulouse avec la classe 1911 ; son matricule au recrutement est 854.

Inscrit sous le n° 102 de la liste du canton de Toulouse Nord, il est classé dans la 5ème partie de la liste en 1912 et ajourné à un an en 1912 pour « bronchite suspecte »

 

Il est ensuite classé dans la 1ère partie de la liste en 1913 et est appelé « Bon pour le service armé »

Il a les cheveux châtain foncé et les yeux marron verdâtre ; son front a une inclinaison, verticale, une hauteur et une largeur moyennes. Son nez a le dos convexe, la base, abaissée et une grande hauteur avec saillie. Son visage est ovale et signes particuliers, ses oreilles sont sans ourlets et il possède une cicatrice à 3 cm sur le sourcil gauche. Une description physique très précise comme on peut le constater !

Son degré d'instruction est de 3, c'est-à-dire qu'il sait lire et écrire.

 

Il est incorporé à compter du 1er octobre 1913 au 80ème Régiment d'Infanterie ; il part aux armées le 6 octobre et arrive au corps comme soldat de 2ème classe le 10 octobre 1913.

Quand la guerre éclate, le 1er août 1914, son régiment est caserné à Narbonne, sous les ordres du colonel de Woillemont. La mobilisation se fait dans l'enthousiasme général et l'embarquement en chemin de fer a lieu le 7 août. Il fait partie du 16e corps d'armée, 32e division, 63e brigade. Le régiment est fort de 3130 hommes de troupe encadrés par 55 officiers et 164 sous-officiers auxquels il faut rajouter 170 chevaux et 52 voitures.

En août 1914, le régiment entre en Lorraine annexée, près d'Ignez-Avricourt ; dès le 20, il combat à Muhlwald (bois Vulcain). Le 25 août, la 63e brigade attaque sur le front Motviller-lisière sud du Grand-Bois et elle enlève le bois de Jantois à la baïonnette. Le soir même, le 80e cantonne à Mortviller.

Embarqué le 29 octobre, le 80e RI est aussitôt dirigé sur la Belgique ; ses bataillons y combattent à Bischoote, Saint-Eloi et Wyschaate et participent ainsi à ce que l'on appelle la "course à la mer".

 

Sous un ciel gris, par un temps pluvieux, les hommes occupent des tranchées qui se remplissent d'eau peu à peu ; ils restent là stoïques, les vêtements et les pieds mouillés, sans autres abris que des toiles de tente ou des papiers goudronnés, à peine protégés par des parapets de boue contre les tirs des fantassins et des artilleurs allemands. Le ravitaillement en vivres et en matériel, fort insuffisant, ne peut se faire que de nuit, dans un terrain semé de fossés et de marais, de trous d'obus remplis d'eau, dépourvu de boyaux et balayé sans répit par les mitrailleuses ennemies.

Il est nommé caporal le 10 novembre puis sergent le 20 décembre en cette fin d'année 1914.

 

 

Dans le secteur de la brasserie Elzenwalle, à quelques km au sud d'Ypres, le 1er bataillon doit maintenir l'ennemi sous la menace d'une attaque. Il doit coordonner la marche des travaux d'approche en les renforçant sur les points les plus avancés et en continuant la progression sur les autres points pour arriver à hauteur des premiers. Le parallèle le plus en avant doit être organisé dès maintenant en base solide, couverte par des fils barbelés tout en maintenant dans le réseau les couloirs où le fil de fer pourra être enlevé rapidement quand on voudra passer à l'offensive. Ce jour-là, Georges Marius ESPEILLAC est blessé au bras droit et il est évacué à l'infirmerie le lendemain.

 

 

Passé dans la réserve de l'armée active le 1er octobre 1915, il est maintenu sous les drapeaux en vertu de l'article 33 de la loi du 21 mars 1905.

Il épouse à Toulouse, Marie Antoinette CONTRESTY le 27 mars 1916.

Quatre jours plus tard, il repart aux armées et rejoint le 130e régiment d'infanterie par décision du général commandant la 16e région.

Ce régiment va participer successivement à la bataille de Verdun, puis à la Butte du Mesnil et à la bataille de la Somme au début de l'année 1917.

 

  • Puis en mai 1917, le 130e RI est engagé dans la bataille des monts de Champagne.

  • Dans la nuit du 24 au 25 mai, le 130e commence la relève de deux régiments, occupant, en arrière de Moronvilliers, les sous-secteurs du Casque et du Téton récemment conquis. La région apparaît de suite comme très agitée : l'infanterie ennemie est manifestement énervée ; l'artillerie bombarde continuellement l'ensemble du secteur ; les avions sont fort actifs.

  • Le 26, le bombardement est incessant et très dispersé ; les tranchées et les boyaux sont complètement bouleversés et peuvent à peine être remis en état durant la nuit ; plusieurs mitrailleuses sont enterrées, ainsi que des dépôts de grenades. Les pertes en hommes ne sont pas trop fortes ; d'ailleurs un grand nombre d'entre eux, ensevelis ou contusionnés, restent à leur poste, car tout fait présager une attaque pour le lendemain, aussi l'activité est-elle fiévreuse partout : tous se mettent en état de défense, pendant que les premières lignes sont abondamment ravitaillées en munitions.

 

 

La nuit du 26 au 27 se passe assez calme.

Le 27 mai (dimanche de la Pentecôte)

 

  • Vers 3 h 30 du matin, commence un violent tir d'artillerie, avec obus toxiques, sur les lignes arrières.

  • À 4 heures, gros bombardement sur les positions du Téton et du Casque, arrosage des crêtes voisines, et barrages en arrière, avec concentration, vers 5 heures, sur le Téton qui est alors soumis à un feu d'une violence inouïe. Beaucoup d'avions allemands survolent nos lignes à faible altitude.

  • À 7 h 05, l'ennemi prononce une première attaque, puis une deuxième, sur la droite du Téton. Grâce au barrage d'artillerie, aux fusils-mitrailleurs, ces deux attaques ne peuvent progresser.

  • Vers 7 h 45, nouvelle poussée sur la droite et le centre, beaucoup plus nourrie que les précédentes. Au centre où, par suite de la configuration du terrain, l'ennemi a pu s'approcher sans être signalé, la ligne est enfoncée sur un front de trois sections ; les vagues ennemies franchissent la crête, s'emparent du blockhaus, PC de la compagnie du centre, et cherchent à gagner le PC du bataillon. Le blockhaus est entouré et repris à 9 h 50 avant que l'ennemi ait eu le temps d'y placer des mitrailleuses.

  • À 17 heures, toutes les lignes du Téton sont entièrement reconquises.

     

  • Pendant ce temps, sur le Casque, le tir d'écrasement, commencé à 7 heures, se continue jusqu'à 9 h 30.

  • à 16 heures, tous, le commandant de LATTRE en tête, sautent avec un entrain admirable sur l'ennemi ; celui-ci, sans attendre l'abordage, se replie en combattant de trou d'obus en trou d'obus ; nous réoccupons aussitôt, et définitivement, les positions primitives. Dans cette journée mémorable, le 130e soutient victorieusement le choc de toute une division allemande.

 

 

Au-delà de cette description héroïque et patriotique laissée par l'officier chargé du JMO (Journal de Marche et Opérations), le 130e RI recense 234 disprus, 147 blessés et 71 tués dont Georges Marius ESPEILHAC. Il avait un peu plus de 26 ans.

 

 

 

Sa veuve Marie CONTRESTY se verra allouer une pension de 825 francs et sera admise en qualité de « dame employée des postes et des télégraphes » à la suite de l'examen spécial du 18 décembre 1917.


 

Enfin, le monde sportif lui rendra hommage et un prix à son nom sera créé (Toulouse-Carcassonne et retour).


 

Croix de guerre ; étoile bronze.

 

 

Nous ne savons pas pourquoi il figure uniquement sur la plaque de l'église de Saint-Christophe. On peut raisonnablement supposer qu'en tant que surnuméraire des postes il était affecté dans la région ; il ne figure pas sur le recensement de Saint-Christophe en 1911

 

 

 

 

 

Sources :

Carte : Collection privée Gervais Cadario/Pathé Gaumont/BDIC Fonds Valois/Collection

« Patrie »/"L'épopée de Monronvilliers" de Jean Petithuguenin

AD37 en ligne (JMO du 130e RI).

Journal Officiel. 

Mémoire des Hommes.