Louis Henri Jeudon


Il naît le 18 avril 1886 à Saint-Christophe-sur-le-Nais, fils de Victor, né en 1857 à Dissay et de Marie Augustine Poisson, née la même année à Bueil-en-Touraine ; ils sont cultivateurs à Vaux (la Vacherie) juste à la limite avec le département de la Sarthe.

 

Lors de son conseil de révision à Neuvy-le-Roi, il est cultivateur résidant à Saint-Christophe.

Ses cheveux et ses sourcils sont blonds ; il a les yeux roux et le front couvert ; son nez et sa bouche sont moyens ; le menton est rond. Le tout dans un visage ovale.

Il mesure 1,59 m et possède un degré d'instruction primaire noté 3 sur sa fiche.

Il porte le matricule 1895 au recrutement de Tours pour la classe 1906.

 

Il a :

 

  • un frère Gustave Victor Ernest qui ne vivra que deux semaines en 1881.

  • un frère Auguste Henri Victor qui naît le 25/04/1882 à Saint-Cyr-sur-Loire, épouse Marie Augustine Poupée le 27/10/1906 à Saint-Pierre-de-Chevillé (Sarthe) et décède le 16/03/1927 à Dissay.

  • un frère Alfred Louis qui naît le 26/03/1884 à Saint-Christophe et se marie le 08/06/1908 à Saint-Christophe également avec Marthe Marguerite Cormery.

  • une sœur Hélène Augustine qui naît le 21/07/1890 à Saint-Christophe et décède le 08/02/1975 à Rachs (?)

  • Émile Eugène qui naît le 26/07/1894 à Saint-Christophe et meurt pour la France le 17/12/1914 à Langemark en Belgique.

 

Louis Henri et son épouse Désirée Marie Aimée Poirier, le jour de leur mariage à Dissay-sous-Courcillon (08/07/1913)


Le 5 octobre 1907, il est condamné par le tribunal correctionnel de Tours à 50 francs d'amende et 100 francs de dommages et intérêts pour coups et blessures, avec sursis à l'exécution pour l'amende. Cette mention de condamnation est rayée sur sa fiche matricule, peut-être pour cause d'incorporation deux jours plus tard

Le 7 octobre 1907, il rejoint le 135e régiment d'infanterie, alors stationné à Angers.

Il est envoyé en congé le 25/09/1909 en attendant son passage dans la réserve de l'armée active qui aura lieu le premier octobre suivant. Le certificat de bonne conduite lui est « accordé »

 

Le 8 juillet 1913, à Dissay-sous-Courcillon, il épouse Désirée Marie Aimée Poirier, originaire de Chalonnes (Maine & Loire)

 

Il réside à La Côtière, commune de Dissay quand l'ordre de mobilisation générale est décrété le premier août 1914.

 

Il est incorporé au 331e Régiment d'Infanterie, constitué à Orléans, fort de 38 officiers, 2.198 hommes et 131 chevaux. Chaque homme a en réserve 200 cartouches et le régiment possède 3 jours de vivres,

Le 331e RI fait partie de la 10e division, du 5e corps d'armée et de la 3e armée. Il est sous les ordres du lieutenant-colonel Lebègue lorsqu'il s'embarque en chemin de fer vers Sampigny dans la Meuse.

 

  • Le 11 août : passage à Maizey et continuation sur Troyon.

  • Le 18 août : le 331e RI est en réserve de la 10e division stationnée dans la région de Mangiennes.

  • Le 26 août : le régiment bat en retraite par Réville et Sivry-sur-Meuse où il traverse le fleuve tandis que le Génie se prépare à faire sauter les ponts. La marche est espionnée par un avion ennemi.

  • Le 27 août : Montfaucon d'Argonne, Éclisfontaine et cantonnement à Apremont. Nous sommes en Argonne dans le département des Ardennes.

Le 30 août : Le 331e RI reçoit l'ordre d'attaquer Barrecourt et Fossé. Arrivée à 18 h devant Fossé, l'artillerie prend position et l'infanterie prend ses formations en essuyant un feu très violent de l'ennemi : balles explosives, obus de tous calibres...

Le combat atteint son maximum d'intensité vers 19 h 30.

A 20 h, toute la division charge à la baïonnette ; les pertes sont très lourdes ; le lieutenant-colonel Lebègue, commandant le régiment est blessé ; de nombreux officiers et hommes de troupe sont blessés, tués ou faits prisonniers. Le régiment conserve néanmoins ses positions.

 

 

Le 31 août : le régiment est bien réduit car les pertes de la veille ont été très lourdes ; les combats reprennent et après une résistance énergique et des plus opiniâtres, les fractions du 331e décimées pour la plupart sont obligées de céder sous le nombre d'ennemis qui les presse et l'avalanche d'obus qui les écrase.

 

Louis Émile Jeudon, soldat de 2e classe, disparaît au combat ce jour-là à Fossé dans les Ardennes.

Son épouse, Désirée Marie Aimée Poirier est enceinte de cinq mois.

Elle donnera naissance, le premier janvier 1915 à une petite Hélène Marguerite qui n'aura jamais connu son père.

 

Il est déclaré « Disparu au combat » par jugement rendu le 11/09/1920 par le tribunal de Saint-Calais, transcrit le 24/09/1920 à Dissay-sous-Courcillon (Sarthe).

 

 


Bien qu'étant natif de Saint-Christophe, son nom ne figure pas sur le monument aux morts de cette commune.

En revanche, il figure sur celui de Dissay-sous-Courcillon, commune voisine du département de la Sarthe.

 

Sources :

"Mémoire des hommes" (fiches individuelles et journaux de marche et opérations (JMO))

AD 37 (fiches matricules).

Mireille Le Borgne et sa maman pour la photo des époux Jeudon.