Raymond Louis Métairy


Né le 16/03/1893 à Saint-Christophe, il est le fils de Louis Abel, natif de Vaas (Sarthe) et de Marie Poitou, originaire de Meusnes (Loir-et-Cher). Il est célibataire, réside à Méru (Oise) et exerce la profession de serrurier au moment de son conseil de révision.


Il est le seul garçon et il a trois sœurs :

  • Alice qui est née en 1882 mais on sait pas où ?

  • Denise Eugénie née le 30/03/1885 à Saint-Christophe, mariée le 30/03/1908 à Saint-Paterne avec Louis Henri Julien Coignard et décédée le 21/04/1955 à Saint Paterne.

  • Marthe Marie née le 14/11/1896 à Saint-Paterne et décédée le 17/03/1967 à Saint-Christophe.

     

En 1901 la famille est recensée rue de l'Église et le père, Louis Abel est employé comme ouvrier tanneur chez M. Lehoux ; les deux filles aînées sont couturières.

En 1911 le père, Louis Abel et son fils, Raymond Louis sont boutonniers chez M. Hilarion.

Raymond Louis est également recensé la même année comme serrurier, employé chez Louis Coignard (probablement son beau-frère), rue de la gare à Saint-Paterne.


Sa fiche matricule n° 1927 au recrutement de Tours donne peu de renseignements. On apprend seulement qu'il mesure 1,66 m et possède un niveau d'instruction de 3 comme pratiquement tous ses camarades de l'époque (3 = « sait lire et écrire et même un peu plus »).

Il est d'abord exempté pour scoliose prononcée et faiblesse des membres inférieurs par le Conseil de révision qui le classe dans la deuxième partie de la liste (service auxiliaire).

Il est néanmoins incorporé à compter du 28 novembre 1913, au 49e Régiment d'Artillerie et classé « Service armé » par décision de la Commission Spéciale de réforme de Poitiers du 31 octobre 1914.


Le 3e groupe du 49e RA dans lequel il est incorporé est stationné à Poitiers et fait partie de la 59e division de réserve. Le groupe est sous les ordres du chef d'escadron Mortueux et Raymond Métairy est affecté à la 27e batterie dirigée par le capitaine Chargelêgue secondé par deux autres officiers ; en outre, dans cette batterie, il y a 15 sous-officiers, 156 hommes de troupe et 167 chevaux.

Il est employé dans les bureaux et il relate minutieusement tout ce qui se passe à Poitiers. Il ne manque pas d'humour en ces temps difficiles et souhaite rejoindre le front le plus rapidement possible. Pour s'en convaincre il suffit de lire les courriers envoyés à sa famille et que sa petite-nièce nous a transmis.


Le 15 août 1914, débarquement à Jarville (Meurthe & Moselle) puis cantonnement à Champigneules.

Prise de position à l'ouest du Mont-Saint-Jean (limite entre les communes de Jeandelincourt et Sivry) pour assurer la couverture de Nancy du côté de Metz.

Fin septembre, la batterie prend part à l'attaque de Nomény.

Début novembre, la section dans laquelle se trouve alors Raymond, récemment arrivé, se positionne vers Chenicourt et Ajoncourt.


Il rejoint le front à partir du 12 novembre 1914 (voir les extraits de son courrier plus bas)

Le 4 décembre 1914 : une attaque est dirigée contre Aulnois (sur-Seille) par un bataillon du 266e soutenu par les 28e et 29e batteries et une section de la 27e batterie, l'autre section ayant été maintenue au Mont-Saint-Jean pour soutenir les contingents d'attaque en cas de repli.

La section de la 27e batterie quitte son campement à 2 h 30 pour occuper une position au SO de Chenicourt.

À 7 h, elle ouvre le feu sur les lisières sud et sud-est d'Aulnois

À 8 h, tir sur infanterie ennemie sur la route de Craincourt à Lemoncourt.

À 8 h 30, tir sur une batterie signalée à 1km à l'est de Craincourt.

De 13 h 15 à 14 h, la section est bombardée par une batterie ennemie : elle reçoit environ 100 obus.

La deuxième section rentre à 16 h 30 à Moivrons où elle cantonne et va récupérer sa position au Mont-Saint-Jean le lendemain matin à 4 h.

Deux soldats sont les victimes de cette attaque : Magneron, grièvement blessé et Raymond Louis Métairy, mort au champ d 'honneur. Il avait 21 ans.



Le Journal officiel de la République française du

7 décembre 1920 précise que :

« MÉTAIRY Raymond Louis, matricule 3785, canonnier a été bon soldat, plein de courage et d'entrain. Tué à son poste de combat le

4 décembre 1914, à Chénicourt. Croix de guerre avec étoile de bronze. »