Honoré Jules Anatole Manceau


Léon Ferdinand Manceau et Léontine Marie Terpreau, tous deux natifs de Saint-Pierre-de-Chevillé dans la Sarthe se sont épousés dans leur village d'origine le 17 septembre 1888.

Ils auront 6 enfants, 3 garçons et trois filles, tous nés à Saint-Pierre.

 

 

Aux recensements de 1906 et 1911, ils sont cultivateurs à La Grisardière (Saint-Christophe).

 

  • Théodule Athanase Léon : né le 17 janvier 1890 et décédé le 5 juillet 1974 à Saint-Christophe ; il a épousé Marie Victorine Delareux à Saint-Aubin-le-Dépeint le 2 juillet 1919.
  • Marie Charlotte Gatienne : née le 2 juillet 1891 et décédée le 8 octobre 1948 à Saint-Christophe ; elle était célibataire, vivant chez ses parents et se serait suicidée en se jetant dans un puits.
  • Christophe Charles Marie : né le 9 novembre 1892 et décédé en 1984 à Saint-Pierre ; il a épousé Marthe Émilienne Daveau le 19 avril 1920 toujours à Saint-Pierre.
  • Marie Romaine Alexandrine : née le 13 mars 1894 et décédée le 25 février 1979 à Saint-Pierre ; elle a épousé Fernand Casimir Gabriel Chollet le 3 février 1920 à Saint-Pierre.
  • Honoré Jules Anatole : né le 3 juillet 1895 et décédé à Esnes-en-Argonne (Meuse) le 8 mai 1916.
  • Marie Hélène Fernande : née le 20 avril 1898 et décédée le 30 janvier 1994 à Château-du-Loir (72) ; elle a épousé Victor Delareux.

 

Honoré Jules Anatole Manceau, né en 1895 fait donc partie de la classe 1915. Ses parents et lui-même étant cultivateurs à Saint-Christophe, il passe son conseil de révision au chef-lieu de canton, Neuvy-le-Roi. Sa fiche matricule n° 47 au recrutement de Tours le décrit ainsi : il mesure 1,70m, a des cheveux châtain clair, des yeux bleus, un front moyen vertical et un nez rectiligne ; il est crédité d'un degré d'instruction de 3 (sait lire et écrire).

 

La classe 1915 étant mobilisée avec 11 mois d'avance, il rejoint son unité, le 135e régiment d'infanterie le 18 décembre 1914. Ce régiment a quitté Angers pour Pulligny (au sud de Nancy, Meurthe & Moselle) sous les ordres du colonel de Bazelaire. Il fait partie du 9e corps d'armée, de la 18e division et de la 36e brigade d'infanterie. Ce régiment regroupe 50 officiers, 185 sous-officiers et 3138 caporaux et soldats auxquels il convient d'ajouter 194 chevaux et mulets.

 

Ce régiment va subir de lourdes pertes : 17 officiers et 1500 hommes sont tués, blessés ou disparus à Bièvre en Belgique les 22 et 23 août 1914 ; une semaine plus tard, à Faux dans les Ardennes, 11 officiers et 1100 hommes subissent le même sort.

Honoré Jules Anatole arrive en renfort le 18 décembre alors que le régiment se trouve dans la zone d'Ypres. En 1915 le 135e RI est engagé dans les combats des Flandres (Steenstraat), puis en Artois dans la région de Neuville-Saint-Vaast.

Nous retrouvons ensuite notre soldat qui est devenu caporal dans la 3e compagnie.

Le 31 mars 1916, le régiment est cantonné à Berck dans le Pas-de-Calais.

Du premier au 7 avril, il se déplace jusqu'à Gannes, dans l'Oise, au nord-est de Beauvais.

Le 14 avril, les troupes stationnent à La Neuville-aux-Bois et passant par le Vieil-Dampierre et Sivry-Ante, le campement est établi le 17 à Braux-Saint-Rémy. Nous sommes désormais en Argonne dans le département de la Marne. Le lendemain le 135e RI continue sa progression vers l'est et cantonne à Passavant-en-Argonne. La Musique donne un concert de 16 à 17 heures.

Le 20 avril, le régiment se trouve à 6 km au sud de Dombasles, à Jubécourt (Julvécourt?)

Le lendemain, le régiment se porte dans l'après-midi au bois de Bethelainville à quelques kilomètres à l'ouest de Verdun.

Dans la nuit du 27 au 28 avril le 135e RI va relever le 66e RI dans le secteur du bois Camard.

Le 28 avril, la journée est mouvementée : les tranchées de première ligne et de soutient sont l'objet d'un bombardement intermittent par obus de tous calibres ; grande activité des aviations et des artilleries des deux côtés ; 14 tués et une cinquantaine de blessés.

Le 29 avril : bombardements violents

Le premier mai, un état du régiment est noté dans le JMO : la 3e compagnie à laquelle appartient Honoré Jules Anatole Manceau est commandée par le capitaine Barnaudière secondé par les sous-lieutenants Cartier, Romat et Vigane.

Le 2 mai, le 66e RI relève le 135e RI.

Le 4 mai, le régiment est relevé par le 77e RI et va cantonner à Jubécourt.

Le 5 mai, le régiment quitte Jubécourt et se rend au bois de Béthelainville. Les Allemands occupent le bois Camard après avoir anéanti 2 bataillons du 66e RI et tiennent la cote 304.

Le 6 mai, toutes les liaisons téléphoniques sont coupées ; la confusion règne ; 8 tués, 17 blessés et 33 disparus.

 

Le 7 mai : la bataille fait rage sur la cote 304 et toutes les liaisons sont coupées ; 16 tués, 92 blessés et 415 disparus.

 

 

 

 

Le 8 mai, ordre est donné d'assurer à tout prix la possession du bois Camard ; la 3e compagnie qui devait occuper le fer de lance au nord du bois se portera vers la droite pour assurer la liaison avec le bataillon Vassor ; durant toute la journée, les bombardements ne faibliront pas

 

 

 

 

13 tués dont Honoré Jules Anatole Manceau, caporal à la 3e compagnie. Il n'avait pas encore 21 ans.

Le JMO du 135e RI fait apparaître qu'entre le 22 avril et le 10 mai 1916, il y a eu 113 tués, 290 blessés et 595 disparus.

 

 

La transcription de son acte de décès est reportée dans les registres de Saint-Christophe le 13 août 1916 avec la mention « Mort pour la France » à Esnes (cote 304)

 

Natif de Saint-Pierre-de-Chevillé, il est honoré dans le village où il a vécu ; son nom est visible sur le monument aux morts, sur le tableau qui figure en mairie, sur la plaque apposée dans l'église et sur le livre d'or de la commune de Saint-Christophe-sur-le-Nais.

 


 

 

Sources : site chtimiste, AD 37, Mémoire des hommes, famille Manceau, le Petit Journal.