Léon Ernest Reffay


André REFFAY et Anne Généreuse RUTARD s'épousent le 30 avril 1877 à Saint-Christophe. Il a 22 ans, né à Villiers-au-Bouin, cultivateur à Saint-Christophe et exempté du service militaire. Elle a 17 ans, est native de Saint-Aubin-le-Dépeint et est domestique à Saint-Christophe.

Le couple va bouger entre Saint-Christophe et Villebourg et on leur connaît 3 enfants nés à Saint-Christophe :

  • Eugénie Louise née le 27 septembre 1878 qui décède le 30 octobre 1951 à Bueil.

  • Louise Andréline née le 11 mai 1880 qui se mariera le 5 mai 1941 à Villebourg avec Gustave Eugène POULE. Elle décède à Château-du-Loir le 11 décembre 1965.

  • Léon Ernest qui naît le 24 mars 1883, objet de cette notice.

Il fait partie de la classe 1903 et passe son Conseil de Révision au chef-lieu du canton, Neuvy-le-Roi, où il est enregistré sous le numéro matricule de 260.

 

Il a les cheveux et les sourcils châtain foncé, les yeux bruns, le front ordinaire, le nez fort, la bouche moyenne et le menton rond, le tout dans un visage ovale. Il mesure 1,58 m et est crédité d'un niveau 3 pour son instruction générale.

 

 

 

 

« Propre au service armé », il est incorporé au 2e Bataillon de Chasseurs à Pied de Lunéville (54) dès le 16 novembre 1904 comme Chasseur de deuxième classe. On peut se demander pourquoi il est affecté à une unité aussi éloignée de la Touraine ?

 

Il faut savoir que les BCP sont composés généralement d'hommes de petite taille, très vifs et excellents tireurs.

Son certificat de bonne conduite en poche, il rentre chez lui et nous le retrouvons en juillet 1909 à Saint-Paterne et en novembre de la même année à Saint-Christophe.

 

Le 4 novembre 1911, il épouse à Saint-Christophe, Eugénie BROSSEAU, née le 1er avril 1880 à Saint-Paterne. Ils vont habiter à Nogent-sur-Loir en 1912 et à Dissay-sous-Courcillon (72) en 1913.

 

Rappelé à l'activité le 12 août 1914 par suite du décret de mobilisation générale, il retourne au 2e BCP qui est intégré dans la 21e Brigade, 11e Division et 20e Corps d'Armée.

Après avoir participé aux combats de Lorraine et d'Artois en 1914, on retrouve son bataillon engagé de janvier à avril 1915 dans les rudes combats de l'Yser, de Zillebeck et de Langemark.

 

 

  • Le 30 avril 1915, il est blessé à Ypres (plaie par balle, oreille et main gauche).

  • Le 29 septembre de la même année, il passe au 409e RI, régiment dans lequel il va retrouver son camarade Alexandre Jean Sennegon tout du moins jusqu'au début mars 1916 à Vaux-devant-Damloup (55) lors de la bataille de Verdun.

  • Le 24 février, le 409e embarque à Montdidier (80) et cantonne le 25 à Sainte-Menehould (51). De là, en 2 étapes, par les Mettes, Clermont-en-Argonne (55), Rarecourt, il gagne Verdun.

  • Le 28, il cantonne à Haudainville (55) et sur les péniches du canal de l'Est où les avions ennemis viennent fréquemment lâcher des bombes, pendant qu'au nord de Verdun, la canonnade fait rage.

  • Le 2 mars, à 12 h.30, le régiment, qui devait le soir prendre le service en première ligne à Vaux, est alerté. Rassemblé à l'ouest d'Haudainville, il se porte en formations diverses, sur les carrières du cabaret de la Cible au sud-ouest de la ferme Bellevue. Pendant la nuit, il relève les fractions de divers régiments dans le secteur de Vaux-devant-Damloup. Le Bataillon de Lattre est en réserve au sud-ouest de Vaux, au bois Fumin, le bataillon Proust est en ligne sur la croupe au nord de Vaux, en liaison à gauche avec le 21e RI et à droite avec le Bataillon Delahaut qui est en ligne face à l'est au nord-est de Vaux et est lui-même en liaison au cimetière de Vaux avec le 408e RI. Au moment de l'entrée en ligne du Régiment, toutes les positions françaises ont été enlevées par la ruée allemande. Dans le secteur occupé par le 409e, les tranchées sont à peine ébauchées. L'ennemi occupe la crête Hardaumont-Douaumont à l'abri de laquelle, il peut amener à pied-d'œuvre ses canons, ses engins de tranchées, ses renforts. Un bombardement effroyable écrase le village, le ravin de Vaux et les organisations du fort.

  • Le 3 mars, vers 18 h, les Allemands attaquent à l'ouest du Bataillon Proust et à la gauche du Bataillon Delahaut, tentative infructueuse arrêtée par le feu et le tir de barrage.

  • Le 4, le Colonel Naulin, commandant la Brigade, donne l'ordre de reconnaître et d'occuper l'ouvrage sud d'Hardaumont. La Compagnie de Nanteuil (12e) en réalise l'occupation. De nombreuses reconnaissances sont exécutées, afin de fixer exactement l'emplacement des premières lignes de l'ennemi, dont l'infanterie s'organise activement dans les bois à 80 mètres au nord du Bataillon Proust.

  • À partir du 6, le bombardement ennemi devient plus intense, en particulier sur le fort et le village de Vaux.

  • Le 7, à 3 heures, une Compagnie allemande attaque l'ouvrage d'Hardaumont. La Compagnie de Nanteuil est contrainte de se replier. À 5 heures, cette Compagnie contre-attaque, appuyée par les feux du Bataillon Proust et soutenue par la Compagnie Beaufigeau (9e Compagnie) à laquelle appatient Léon Ernest Reffay. Après un vif engagement, l'ouvrage est repris et des prisonniers restent entre nos mains. À 11 heures, l'ennemi commence un bombardement excessivement violent sur tout le secteur. Le Bataillon Proust est particulièrement éprouvé. Sur le fort, les obus de 380 et de 420 s'abattent avec fracas, le village est en flammes, Vers 15 heures, le bombardement devient plus intense. Les Allemands esquissent une attaque sur le Bataillon Proust, qui l'arrête par ses feux. Pendant toute la nuit, la canonnade s'accentue. Aux projectiles de gros calibre s'ajoutent les torpilles des engins de tranchées, qui visent surtout la tranchée du Bataillon Proust et l'ouvrage d'Hardaumont, tenu par une fraction du Bataillon Delahaut. Les pertes sont de plus en plus nombreuses. La Compagnie Dubois (5e) surtout est éprouvée. La tranchée est bouleversée. C'est la lutte à découvert. Les attaques tentées par l'ennemi vers 11 heures sur le Bataillon Proust, sont arrêtées par le feu. De ce côté, les Allemands ne s'obstinent pas. À Hardaumont, la situation est plus critique. L'ouvrage a été violemment attaqué par le nord, l'est et l'ouest. Les agents de liaison, envoyés au Commandant Delahaut, ne sont pas revenus, entre autres le cavalier Pin Nelson qui s'est offert comme volontaire. Malgré l'énergie tenace des défenseurs, l'ouvrage est pris. Maîtres d'Hardaumont, où ils installent immédiatement de nombreuses mitrailleuses qui battent la tranchée Proust et le village, les Allemands attaquent la station et Vaux. À peine déclenchée, cette attaque est contre-attaquée par les Compagnies Cocart et Arrignon du Bataillon De Lattre. Les Allemands reculent, mais l'élan de la charge est arrêté. Le Commandant De Lattre, le Capitaine Cocart, le Lieutenant Arrignon et le Sous-Lieutenant Auquinet tombent glorieusement.

Le parcours de Léon Ernest REFFAY au sein du 409e RI s'arrête là car il est fait prisonnier puis conduit à Münster en Westphalie (Allemagne).

Il décède le 12 mai 1917 au lazaret (hôpital pour prisonnier de guerre) de Geflaz (Münster), des suites de maladie (tuberculose pulmonaire)

Son acte de décès est retranscrit sur les registres de Villebourg.

Bien que né à Saint-Christophe, son nom ne figure nulle part dans la commune. Il fait partie des « oubliés ».

Sa sépulture se trouve à Sarrebourg.

 

Son nom est gravé sur le monument aux morts et sur une plaque dans l'église de Villebourg.

 

Sa veuve, Eugénie BROSSEAU, ne se remariera pas et décédera le 19 décembre 1959 à Dissay-sous-Courcillon.

 

Sources :

AD37 en ligne.

Mémoire des Hommes.

Gallica : Historique du 409e régiment d'infanterie pendant la campagne 1914-1919

CP : Delcampe.

Carte Verdun : site verdunmonsite.wordpress.com

 

Photos : Wikipédia, Jean-Charles Balla et Michel Mirault.