Julien Louis Jean Marie Rifflet


Le 4 avril 1880 à Moisdon-la-Rivière, est célébré le mariage de Julien RIFFLET, 27 ans, domestique demeurant à La Boulais, hameau de la commune de Moisdon où il est né, avec Louise COTTINEAU, 27 ans, domestique également, née à La Meilleray-de-Bretagne (44) et demeurant à Freigné dans le département de Maine-et-Loire.

De ce couple, nous n'avons trouvé qu'un enfant : Julien Louis, objet de cette fiche, né le 15 avril 1881 à Moisdon-la-Rivière, Loire Inférieure, comme il était dit à l'époque.

Il se trouve que Julien Louis RIFFLET était le cousin germain de Pierre Marie FRANGEUL, enfant de Saint-Christophe mort pour la France le 2 septembre 1914 à Cierges-sous-Montfaucon (55).

Leurs mères étaient sœurs.

 

 

Au moment de son conseil de révision passé à Neuvy-le-Roi, Julien demeure à Saint-Paterne et il exerce la profession de tanneur. Ses parents résident à Brèches. Il fait partie de la classe 1901 et sa fiche matricule porte le n° 237.

Il a les cheveux et les sourcils bruns, les yeux gris, le front ordinaire, le nez et la bouche moyens, le menton rond et le visage ovale. Il mesure 1,60 m et un degré d'instruction générale de 3 lui est attribué.

Pour cause de faiblesse, il est ajourné en 1902 et en 1903 puis classé dans les services auxiliaires en 1904. Il va ensuite beaucoup bouger car nous le retrouvons successivement au Blanc, à Nantes, à Candé et à Puteaux, en région parisienne.

 

Dix ans plus tard, il est reconnu apte au service armé par la commission spéciale de Tours du 27 octobre 1914 et il est appelé à l'activité le 14 décembre suivant ; il rejoint le 32e régiment d'infanterie. Ce régiment parti de Chatellerault au début du conflit se trouve désormais dans la région de l'Yser.

Le 10 mai 1915, il passe en renfort au 66e RI, régiment engagé dans cette même région des Flandres où furent expérimentées les premières attaques chimiques à l'ypérite (Pilkem du 25 avril au 6 mai).

Son régiment va se retrouver au cœur de la bataille de l'Artois jusqu'en février 1916.

 

De fin avril à mai, le 66e RI participe à la bataille de Verdun au niveau de la cote 304, puis quitte la région pour la Champagne, où il occupe le secteur de Souain (Marne) ; le 3 juin, secteur de repos où seules quelques luttes à la grenade rompent la monotonie des longues heures de veillée.

 

Julien Riflet se distingue et est « cité à l'ordre du régiment n° 48 du 24 septembre 1916 : Excellent soldat, blessé le 16/06/1915 et le 05/05/1916 – Croix de guerre avec étoile de bronze. »

 

 

En octobre 1916 le régiment retrouve la Somme. Relevé le 10 novembre, le 66e passe un mois au repos et remonte occuper le secteur de Bouchavesnes (80). L'ennemi, assez calme, tente des coups de main, repoussés avec succès en laissant quelques prisonniers. Le Régiment doit fournir un gros effort pour organiser tranchées et boyaux qui s'écroulent sous la pluie ; les corvées se font à découvert, dans un terrain glissant, exposé sans cesse au tir de harcèlement de l'ennemi. C'est presque la vie de l'hiver 1914-15 passé en Belgique, qui recommence. Enfin, après quatre mois passés dans la Somme, quatre mois de combats meurtriers, de luttes terribles contre la boue et le froid, le 66e , relevé le 18 janvier 1917, prend un peu de repos et est transporté à nouveau en Champagne. Quelques jours de tranchées dans le secteur de Thuisy lui permettent d'avoir une idée d'un secteur vraiment calme. Des travaux à la deuxième position occupent le 66e jusqu'au 3 mars, puis il se rend au camp de Mailly pour s'entraîner en vue de la prochaine grande offensive.

 

« Cité à l'ordre du régiment n° 76 du 30 mai 1917 : le 10 mai 1917, Julien Rifflet est entré un des premiers dans les lignes ennemies, capturant des prisonniers et faisant preuve d'une audace extrême. »

 

Puis nous retrouvons Julien et son régiment impliqués dans « le Chemin des Dames » à partir du 16 avril 1917 vers Craonne.

 

À partir du 15 juillet, les bombardements deviennent de plus en plus violents, démolissant tout. Enfin, le 19, après un court moment de feu d'enfer effectué par trois cents batteries, les Allemands attaquent, écrasant les guetteurs sous une avalanche de grenades. Sous le choc, les premières lignes plient, mais les réserves partent aussitôt à la contre-attaque. Plusieurs fois elles sont rejetées. Avec leur héroïsme habituel, elles repartent, réussissant à conserver la crête, puis, avec l'aide d'un bataillon du 32e , à reprendre presque toutes les tranchées perdues.

 

Le 22 juillet 1917, à 4 h 30 après un intense bombardement de quelques minutes, l'ennemi attaque à nouveau sur les casemates et Californie. Le saillant de Gérardmer est enlevé ainsi que le boyau de Talus. Des contre-attaques immédiates arrêtent l'ennemi à 120 m. du PC.

 

Le JMO du régiment termine la journée avec un bilan de 1 tué et 16 blessés...

 

Julien Louis RIFFLET est-il le tué ou est-il l'un des 16 blessés ?

 

« Cité à l'ordre du régiment n° 86 du 28 août 1917 : le 22 juillet 1917 (jour de son décès), disputa pied à pied le terrain à l'ennemi. Fut blessé au cours de la lutte. Vieux soldat (36 ans) toujours plein de hardiesse – Croix de guerre avec étoile de bronze. »

 

 

Son acte de décès a été transcrit le 13 février 1918 sur les registres de Moisdon-la-Rivière, sa commune de naissance.

 

Son nom figure, à Saint-Christophe, sur le monument aux morts, le tableau en mairie et la plaque de l'église


 

Sources : AD37 en ligne - AD44 en ligne - Mémoire des Hommes - Historique des 66e & 266e Régiments d'Infanterie et du 70e Régiment d'Infanterie Territoriale.