Maurice Auguste Bonsens


Né le 8 juillet 1890 à Saint-Christophe-sur-le-Nais, il est fils de Joseph Auguste, charron et d'Adèle Joubert. Il se marie le 28 novembre 1913 à Saint-Christophe avec Blanche Louise Gault ; c'est Léon Brossard, maire, qui les unit. Il est épicier place du Marché à Saint-Christophe comme ses parents, présents.

 

Elle est née à Saint-Christophe, fille de cultivateurs au Broutier (Antoine Louis et Marie Françoise Trottin). La table décennale couvrant la période 1913 à 1922 ne mentionne pas de naissance Bonsens (on peut en déduire qu'il n'a pas eu de descendance).

Il mesure 1,61m, a les cheveux châtain noir, les yeux marron foncé, le front et le menton fuyants ; le nez est sinueux dans un visage allongé. Son degré d'instruction de 3 indique qu'il sait lire et écrire et même un peu plus. Il passe son conseil de révision à Neuvy-le-Roi avec le matricule n° 1199. Reconnu apte au service militaire, il est incorporé au 90e Régiment d'Infanterie de Châteauroux à compter du 10 octobre 1911.

Il devient tambour le 29 août 1912 puis soldat de 1ère classe le 18 mars de l'année suivante. Il est maintenu au corps en vertu de l'article 33 de la loi du 21 mars 1905 qui a supprimé le tirage au sort et instauré le service de deux ans. Il est renvoyé dans ses foyers le 5 novembre 1913 avec un certificat de bonne conduite et il épouse Blanche Gault trois semaines plus tard.


Rappelé à l'activité le 3 août 1914, il réintègre le 90e RI toujours stationné à Châteauroux.

Ce régiment fort de 3.341 soldats, caporaux et sous-officiers ainsi que de 54 voitures, 185 chevaux et mulets encadrés par 56 officiers est placé sous le commandement du colonel Simon. Il fait partie de la 33e brigade de la 17e division du 9e corps d'armée.

*6 et 7 août : le régiment quitte Châteauroux pour Maron (Meurthe et Moselle) entre Toul et Nancy. Il va ensuite se déplacer dans la zone de Reims au début septembre puis c'est la « Bataille de la Marne » avec le Mont Août, Bannes, bois de Thuisy...

*6 octobre : suite à une réorganisation, le 90e RI s'installe à Sept Saulx, Thuisy et Courmelois (Marne).

*7 octobre : une nouvelle réorganisation fait passer le 9e corps d'armée à la 4e armée.

*18 octobre : cantonnement à Mourmelon-le-Petit puis deux jours après le 90e RI est en région parisienne à La Plaine-Saint-Denis.

 

*21 octobre : déplacement vers Ypres par Amiens, Étaples et Saint-Pol-sur-Mer.

*22 octobre : Hazebrouk, Bailleul et cantonnement à Boeschepe et Berthen (Nord). Le même jour, un contre-ordre déplace le régiment à Voormezele et Dikkebus (Belgique, au sud d'Ypres).

*23 octobre : le régiment en avant-garde de la division marche sur Roulers et passe à Ypres à 9h. Il reçoit l'ordre de relever les Anglais vers la route de Zonnebeck. Vers 12h, la 33e brigade reçoit l'ordre de marcher sur Passendale par Fortuyn (le 90e RI est à cheval). Nous sommes maintenant au NE d'Ypres.

*24 octobre : des combats ont lieu dans la zone de Fortuyn. Les officiers et sous-officiers tués sont notés dans le journal de marche, pas les hommes de troupe !


Maurice Auguste reçoit une balle mortelle lors de ces combats que l'on a appelés « La Bataille des Flandres » ou « La Première Bataille d'Ypres » : il avait 24 ans.

Une décoration posthume du 4 juillet 1919 lui accorde la Médaille militaire en ces termes :


« Soldat énergique et plein d'entrain ; s'est distingué à plusieurs reprises par sa bravoure et son sang-froid. Tué glorieusement à son poste de combat le 24 octobre 1914 »


Un secours de 150 francs a été payé à sa veuve le 19 mars 1915.

Au journal officiel du 20 octobre 1915 il est noté que « Blanche Louise Gault, veuve de Bonsens, soldat mort des suites de blessures reçues à l'ennemi se voit octroyer une pension de 563 francs avec jouissance du 25 octobre 1914.


 

Sources :

"Mémoire des hommes" (fiches individuelles et journaux de marche et opérations (JMO))

AD 37 (fiches matricules)

chtimiste.com

 

http://debretagneensaintonge.eklablog.fr/ (carte de situation).